L’Happy Hour menacé

Le gouvernement envisage d’interdire les happy hours, open bar et la vente de bouteilles d’alcool fort dans les discothèques, selon un document de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie adressé aux fabricants d’alcool.

 

(c) Reuters 

L‘happy hour, cette opération dans les bars où sont proposés les verres avec ou sans alcool moins chers pendant quelques heures, pourrait être supprimé, selon une information du Parisien, qui dans son édition du lundi 19 mai révèle la teneur d’une lettre de convocation de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) à l’intention des fabricants d’alcool.
Cette lettre présente aux professionnels les propositions étudiées par le gouvernement « dans le cadre des politiques publiques de lutte contre les addictions ». « L’interdiction de la promotion des boissons alcoolisées par tarifs incitatifs dans les lieux de ventes et de consommations (happy hours, open bars) » fait partie des trois mesures « visant à limiter les consommations nocives d’alcool » mise en avant dans le document adressé aux fabricants d’alcool.

30 à 40 % du chiffre d’affaires

Parmi les mesures évoquées, « l’augmentation des taxes sur les boissons alcooliques », où « l’interdiction de la vente à la bouteille de boisson de groupe 3 à 5 (apéritifs à base de vin et liqueurs et spiritueux) dans les établissements qui bénéficient d’une autorisation de nuit », risquent de provoquer la colère des professionnels de la vente d’alcool et du divertissement. L’impact économique que constituerait l’instauration de ces mesures inquiète au plus haut point les professionnels du secteur. Interrogé par le Parisien, Patrick Malvaës, président du Syndical national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), est sans équivoque: ‘ »Je ne vois pas en quoi ces mesures vont résoudre les problèmes d’alcoolisme. En revanche, si elles étaient appliquées, ce serait catastrophique pour la profession qui a déjà vu son activité chuter de 25 % », et de préciser que la vente de bouteilles d’alcool dans les boîtes de nuit représente en moyenne entre 30 et 40 % du chiffre d’affaires  » et pour certains établissements jusqu’à 70 % ».

source: nouvelobs.com

20 mai, 2008 à 21:49


2 Commentaires pour “L’Happy Hour menacé”


  1. ElGuitnut écrit:

    Sont cons!
    Pour faire court, supprimer les happy hours devrait en toute logique faire reculer la consommation d’alcool puisque exit le pouvoir incitatif du rabais.
    A priori, on peut conjecturer que faute de moyen soit :
    - on ira picoler chez nous
    - on picolera moins
    Selon l’Etat, la 1ère ne les a même pas effleurés, la 2nde en revanche paraît plausible puisque l’alcool c’est le mal (enfin la surconsommation provoqué par l’incitation des HP, c’est pas la moitié d’un hypocrite… bref). Picoler moins devrait laisser plus de temps à notre cerveau pour penser, du moins à des fins plus utiles admettons-le.
    Comment voulez-vous échapper à une insurrection contre un président miteux et sa politique douteuse si on nous laisse tout le temps de lire entre les lignes?…

    Ils viennent de toucher à une corde sensible prête à céder, la corde qui retenait une grosse partie de français prête à emmener les dernier dubitatifs vers une marche contre le pouvoir. La révolution arrive…

  2. ElGuitnut écrit:

    Dans ce même projet de loi est prévu d’augmenter l’âge légal pour consommer/ acheter de l’alcool à 18ans. La barrière psychologique ainsi atteinte, ça permettrait de « débanaliser » la consommation d’alcool…
    On rajoute l’interdiction de consommer sur la voie publique et on arrive dans pas longtemps à la prohibition…

    Pour finir, je citerais Philippe Batel, psychiatre alcoologue. « Cet arsenal répressif ne servira à rien si on ne s’interroge pas sur les causes de l’alcoolisation excessive des jeunes, Il faut mettre autant d’énergie dans des actions de prévention, sinon il y aura des contre-effets : les jeunes continueront à s’alcooliser, mais à l’abri des regards. » « Il n’y a pas d’égalité des jeunes dans l’accès à l’information sur les dangers de l’alcool, étant donné la faiblesse des dispositifs de prévention, dénonce Alain Rigaud. C’est tout le champ de l’éducation à la santé qui est en souffrance. »


Laisser un commentaire